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« Nicolas Hulot, une des personnalités préférées des français… »

Nicolas Hulot est un personnage très populaire dans la société française à l’heure du réchauffement climatique et du développement durable. Il est même intouchable. Lorsque l’on entreprend des recherches sur le plus connu des moteurs de recherches de la toile, en tapant « Hulot », on obtient alors une multitude de résultats tous plus positifs et élogieux sur le travail de cet aventurier « éveilleur de conscience planétaire ». Le combat d’Hulot est suivi et plébiscité par une grande majorité de français, et l’on peut compter sur les doigts d’une main ses détracteurs. Il est en effet difficile de trouver de quoi alimenter un débat sur ce sujet, c’est à dire trouver dans les médias des éléments contradictoires et venant discuter cette notoriété toute acquise par le gourou de l’écologie. Le seul à soutenir une opposition réelle à Nicolas Hulot est notre ancien ministre de l’éducation nationale, Claude Allègre. Celui ci, seul opposant médiatique, s’attire les foudres des médias et des personnalités. Mr Allègre, déjà peu populaire en France depuis qu’il a projeté de « dégraisser le mammouth »,  sous le gouvernement Jospin. Aujourd’hui, en tant que scientifique reconnu (au contraire d’Hulot) il ose attaquer le grand maitre à penser de la France verte, et se retrouve alors montré du doigt comme un homme animé par l’amertume, ulcéré, sans que l’on analyse réellement sa version des faits.

« Des sponsors qui polluent beaucoup »

Essayons de nous pencher sur la vie de Nicolas Hulot pour mieux analyser la popularité et la carrière de ce grand homme. La carrière médiatique de Nicolas Hulot commence avec Ushuaia Nature, l’émission de TV dont il est le présentateur vedette depuis 1987. Il devient grâce à cette émission un familier des téléspectateurs et un des grands porte-parole français de la sauvegarde de la nature de ces 20 dernières années. Il bénéficie rapidement du succès de ses reportages, et en collaboration avec TF1,  de nombreux produits dérivés sont mis en vente dans la grande distribution. Dès lors le business estampillé Hulot devient plus que rentable. En plus de son salaire chez TF1 évalué à 30 000€ (selon le site « la décroissance »), Nicolas Hulot et Ushuaia génèreraient la modique somme de 100 millions d’euros par an (source : « la décroissance »). Ce riche et célèbre présentateur TV fait aujourd’hui la « morale écolo » aux français en leur demandant gentiment de « fermer le robinet lorsqu’ils se brossent les dents », pendant que lui passe son temps dans les avions et les hélico, sans oublier sa participation au Paris Dakar en 1980 et ses nombreux reportages sur sa moto… En outre, sa fondation est soutenue par des gros sponsors pas toujours en phase avec l’écologie : TF1, L’Oréal, EDF (qui tire son énergie grâce au nucléaire), Les autoroutes du Sud de la France, Norauto, Bouygues Telecom ou encore Lafarge…

Le comité de soutien de Nicolas Hulot est composé de personnalités à la tête d’entreprises qui polluent énormément. Ces multinationales soutiennent la Fondation Hulot et récupèrent au passage la « pastille verte », marque de leur engagement en faveur de la nature et du développement durable, ce qui redore leur image.

« Ecologie: cause sacrée »

La popularité de Nicolas Hulot ne connaît pas la crise car celui ci n’est pas engagé sur la scène politique et n’a pas vraiment d’ennemis, en effet, tous essaient actuellement de surfer sur la vague « verte », médias inclus. L’hebdomadaire Marianne évoque « La grande communion écolo-médiatique » et titre même : « L’écologie serait-elle devenue une cause sacrée ? » Hulot bénéficie encore et toujours de sa position d’homme sympa, intègre, qui aime la nature et les animaux, il ne choque personne et n’attaque directement personne non plus. Pratique pour n’avoir que des amis…

En plus du phénomène Hulot, on a assisté ces derniers mois à une omniprésence écolo sur nos écrans noirs. De Yann Arthus Bertrand et son film « Home », véritable plaidoyer pour l ‘écologie, réalisé avec Luc Besson et diffusé à la veille des élections européennes ( !)  , au score inattendu (…) deux jours plus tard de ce nouveau parti « Europe Ecologie ».


Et dire que Claude Allègre était pressenti pour entrer dans le gouvernement d’ouverture de François Fillon à la suite des européennes…

Le « buzz » écolo devait connaître son apogée au sommet de Copenhague, mais il n’en a rien été. Depuis, la vague verte s’essouffle un peu, les médias nous submergent moins de bonnes résolutions  « durables », et les français ont connu une vague de froid cet hiver qui ne les a pas convaincus  du bien fondé de la thèse du réchauffement climatique !

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Entretien avec… Marcelle Padovani

Licenciée en philosophie, diplômée de Sciences Po et docteur en sciences politiques, Marcelle Padovani débute à l’Express, puis passe au Nouvel Observateur où elle couvre la gauche française au moment de la prise  de pouvoir du nouveau président de la république :  François Mitterrand.

Plus tard, elle demandera et obtiendra le poste qu’elle convoite, c’est à dire correspondant en Italie. Pourquoi l’Italie ? Parce qu’elle était «  fascinée de longue date par son coté “laboratoire” et par sa capacité à inventer des solutions nouvelles, sur les plan politique, économique et social. Fascinée aussi par le phénomène Mafia. »

Elle a écrit huit livres sur l’Italie, sur le communisme, sur le terrorisme, sur la mafia, sur la Sicile, plus deux livres-entretien: l’un avec Leonardo Sciascia (La Sicile comme métaphore) et l’autre avec le juge Giovanni Falcone (Cosa Nostra: le juge et les hommes d’honneur).

Marcelle Padovani est aussi à l’origine de plusieurs films télé dont un portrait de Falcone et un reportage sur les femmes et la mafia.

Quelles sont les particularités des Médias italiens ?

La première chose qui m’a frappée dès que je suis déboulée en Italie c’est le caractère élitaire, très peu pédagogique de la presse italienne, même pour ses grands quotidiens indépendants, tels Il Corriere della sera et La Repubblica. On suppose du lecteur qu’il connaisse déjà beaucoup lorsqu’on lui propose de lire un article. Il arrive souvent qu’on arrive à la fin d’un papier sans avoir compris quelle est l’information qui l’a motivé. C’est incontestablement un défaut.

La deuxième caractéristique qui m’a frappée, c’est le refus des chiffres, de la statistique, de l’enquête chiffrée, de la recherche d’informations quantifiables. Je crois que c’est un défaut non seulement de la presse mais de la société toute entière. Je me souviens, il y a une quinzaine d’années, je cherchais à savoir le nombre d’employés d ans la fonction publique, je ne trouvais rien, j’ai fini par appeler le cabinet du ministre, et on m’y a répondu, parce qu’on n’avait pas ce chiffre: ”C’est un secret d’Etat”…Du nombre d’employés publics comme secret d’Etat!!!

Troisième “défaut” : la tendance au “cerchiobottismo”, c’est à dire la tendance à se laver les mains d’un gros problème politique ou social, plutôt que d’avoir le courage de donner une opinion tranchée. Par exemple : le “procès bref”, récemment voté au Sénat, qui effacera des centaines de milliers de procès , tout simplement pour pouvoir effacer les deux procès qui mettent au pilori le Président du Conseil… Eh bien, il y a des grands quotidiens qui font semblant de ne pas s’apercevoir de la gravité de la chose, du fait que c’est la fin de la justice d’une certaine façon et qui titrent :”Le procès bref est voté…La polémique explose”, suivi de deux interviews, l’une favorable au projet gouvernemental, l’autre contraire… avec une évidente fuite de responsabilités car le journal en tant que tel ne prend pas position…

En revanche, et cela plaide en faveur de la presse italienne, les grands journalistes, les éditorialistes, sont très souvent beaucoup plus cultivés que les confrères français. Et ils parlent plusieurs langues.

Selon vous, pourquoi les « Verts » italiens ne connaissent le même essor qu’en France ?

L’écologie italienne est depuis toujours divisée en deux tronçons : ceux qui veulent seulement défendre la qualité de la vie, du territoire et du milieu, et ceux qui pensent que cette défense passe par un engagement dans les rangs de la gauche. Cette division a diminué l’impact des thèmes écolo. L’écologie italienne est aussi en proie à des profondes rivalités de personnes, qui rendent le staff des Verts impuissant.

Pourtant la sensibilité envers les thèmes écolo est importante. Elle est plus forte au Nord qu’au Sud, et c’est évidemment au Sud que les plus grands désastres ont lieu : pollution, destruction des cotes, urbanisation sauvage, trafic de déchets même toxiques.

En France, La Ligue du Nord est seulement connu pour être xénophobe et raciste. Est ce une vision objective ? Disposons nous d’assez d’informations dans les médias français sur ce sujet ?

La Ligue du Nord est un parti ouvertement xénophobe, qui promeut des lois anti immigrés, qui se vante de repousser les bateaux charges de migrants qui s’approchent des cotes italiennes, qui a inventé le délit d’immigration clandestine , qui demande des enseignants du Nord pour les élèves du Nord , qui préconise la sécession, qui fait pisser des cochons sur les emplacements destinés aux mosquées, qui a inventé les “rondes” anti immigrés, qui a eu le culot, dans une ville comme Trévise, d’ôter les bancs dans les jardins publics pour éviter que les immigrés ne s’y asseyent… Qui dit mieux, comme xénophobie militante et concrète ?

Pensez vous qu’un tel sujet puisse contribuer à donner une mauvaise image des Italiens à l’étranger ?

Je ne sais pas si les Français sont bien ou mal informés sur la Ligue du Nord, mais je sais en revanche que le discrédit qui frappe l’image de l’Italie à l’étranger, et qui suscite la floraison des clichés, ce n’est pas forcément la Ligue du Nord mais plutôt l’actuel Président du Conseil Berlusconi, avec son cortège de conflits d’intérêt, ses attaques contre la justice, ses histoires de bonnes femmes, son maquillage outrancier et ses comportements de matamore.

Quel est l’écho en Italie de la crise que traverse le Parti Socialiste Français ?

Il y a en ce moment très peu d’infos sur ce sujet dans la presse italienne. Très peu d’intérêt aussi. Parce que la situation de la gauche italienne est si catastrophique que personne n’a envie de connaître les soucis d’une consœur européenne, aussi sympathique puisse t’elle être. Mais d’une manière générale, contrairement aux Français, les Italiens ont tendance à surévaluer, à surestimer tout ce qui est étranger par rapport à tout ce qui est national. C’est ce qu’on appelle ici l’ ”autolésionisme” péninsulaire. Le contraire de l’arrogance française. Donc la gauche française doit surement jouir d’un préjugé favorable dans les tréfonds de l’âme italienne…

Remerciements à Marcelle Padovani.

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Entretien avec… Alberto Toscano

Alberto Toscano (né le 25 mars 1948 à Novare, au Piémont, Italie) est un journaliste et écrivain italien, résidant en France depuis 1986 et collaborant à plusieurs média italiens et français.

Alberto Toscano est diplômé en sciences politiques de l’Università statale di Milano .Il a été rétrospectivement chef du service international de l’hebdomadaire italien Rinascita , rédacteur et envoyé spécial du quotidien L’Unità, ,correspondant à Paris du quotidien économique ItaliaOggi. Auteur depuis cette date de plus de 5 000 articles sur la France, publiés par des journaux italiens de différentes tendances politiques : ItaliaOggi, L’Indipendente, Il Secolo XIX, Il Giornale, Panorama, Il Riformista.

Il collabore auprès de  plusieurs radio et télé : en Italie sur la radio de la Rai et des chaînes de télévision privées du groupe Mediaset ; en France – après des années sur RFI, France Culture et France Inter– il fait partie du groupe des polémistes de l’émission On refait le monde sur RTL et il intervient sur TV5.

Il fut également le président de l’Association de la Presse étrangère et auteurs de nombreux livres.

Alberto Toscano a accordé cet entretien au Blog France/Italia le 16 janvier 2010, durant lequel il a été question de La Lega Nord, du PS et du traitement de l’information dans les médias français et italiens.

Lega Nord

« Concernant la Lega tout est simple ! », c’est par cette phrase que l’entretien avec Alberto Toscano a commencé lorsque je lui ai demandé d’évoquer le sujet concernant la Lega Nord.

En effet, d’après mon interlocuteur, la montée en puissance de la Lega Nord en Italie à partir des années 90’ est liée à un phénomène simple : l’augmentation des taxes fiscales en Italie depuis les années 70’-80’.

Au nord de l’Italie, un mécontentement général s’est alors fait ressentir car les habitants de l’Italie septentrionale, région la plus dynamique économiquement parlant, ont dénoncé le fait de payer proportionnellement plus de taxes que les habitants du sud du pays, soupçonnés de ne pas déclarer clairement l’ensemble de leurs revenus.

Le parti de la Lega nord (ligue du nord en français) connaît ses premiers succès à la suite de l’affaire « mani pulite » (mains propres) qui a comme conséquence l’écroulement et le renouvellement de la classe politique italienne au début des années 90’. La Lega n’est pas touchée par ce scandale de financement illégal des partis politiques et son leader, Umberto Bossi ne voit pas sa réputation entachée par l’affaire et les procès consécutifs à ce scandale national de très grande envergure. Il bénéficie donc à ce moment là d’une image d’homme honnête, non corrompu qui se reflète dès lors sur son parti. Et cela se fera ressentir dès 1994, année de l’arrivée au pouvoir du Cavaliere, allié à la Lega Nord.

La Lega connaît donc le pouvoir au sein de la coalition du centre droit italien avec Silvio Berlusconi, nouveau président du conseil, à sa tête.

« Lega Nord et Berlusconi, entre alliances et défiances… »

Dans le but de renforcer et d’affirmer son indépendance, la Lega « fera chuter » Berlusconi en se retirant de la coalition menée par le Cavaliere en 1995. La Lega fera en effet partie du nouveau gouvernement « technique » présidé par  Dini en 1995, qui prendra la suite du gouvernement Berlusconi I. Depuis cet épisode, le temps a fait son effet et l’on compte à nouveau la Lega  parmi les alliés de Silvio Berlusconi et elle fait actuellement partie de la coalition au pouvoir en Italie, depuis 2008.

Aujourd’hui, la Lega ne cesse de gagner des points aux élections, et empreinte un créneau populiste qui marche plutôt bien. On assiste alors à des déclarations théâtrales et incroyables de la part de certains dirigeants du parti qui donnent lieu à des dérapages racistes et xénophobes relayés massivement dans tous les médias italiens et étrangers, à un tel point qu’on a l’impression de ne connaître que cela de ce parti dit « sulfureux ». Les médias assimilent même trop souvent les italiens  à ce type de déclarations négatives. Selon Alberto Toscano, grand nombre d’électeurs de la Lega sont conscients des dérives de certains responsables et élus du parti fédéraliste, ils savent aussi que quelques uns de ces élus sont ouvertement racistes et xénophobes.

Toscano : « le racisme n’est pas une généralité au sein de la Lega »

Cependant il ne convient pas de faire une généralité de ces individus, ni de se focaliser sur certains actes (certes très médiatiques). De plus, les cotés honnête, droit et proche des préoccupations du peuple de la Lega  Nord priment souvent au moment d’aller remplir les urnes.

Depuis peu, la Lega se préoccupe  beaucoup du débat sur l’entrée possible de la Turquie dans l’Union Européenne, entrée soutenue par le Président du conseil italien. En effet, Silvio Berlusconi est favorable à l’entrée de la Turquie dans l’UE et la Lega se positionne face au leader du PDL. Pour Alberto Toscano, la Lega emploie cette stratégie afin de « voler » des voix à Silvio Berlusconi et son parti dans l’optique des futures élections.

« La logique stratégique de la Lega est celle de Craxi dans le passé »

La stratégie de la Lega est de marquer son indépendance en tant que parti important sur l’échiquier politique italien, et ceci dans l’optique de « pouvoir peser » dans l’avenir politique italien, notamment au moment de la formation des coalitions de  droite ou de gauche  à venir. « La logique de la Lega est celle de Bettino Craxi dans le passé »,déclare Alberto Toscano, c’est à dire récolter peu de voix par rapport aux grands partis politiques mais pouvoir faire « pencher la balance dans un sens ou dans l’autre », ce qui représente une position très forte.

La Lega et les Médias.

L’auteur de « critique amoureuse des français », son dernier livre paru en 2009, est catégorique : « la Presse française à l’habitude de simplifier à l’extrême l’Italie », ainsi l’Italie est souvent banalisée  à travers de tels sujets. « La presse se base purement et simplement sur des stéréotypes et des lieux communs » déclare Alberto Toscano et l’on peut en voir l’illustration à travers l’actualité (mince) de la Lega dans les médias français.

Le PS français en crise

« Vu d’Italie, on ne comprend pas les choix stratégiques du Parti Socialiste français et ses divisions au sein même du parti ». Voici le résumé de ce que les italiens pensent du parti majoritaire de la gauche française si l’on en croit Alberto Toscano.

« Des choix et des divisions incompréhensibles »

Pour Alberto Toscano, qui parle au nom de ses compatriotes, c’est incompréhensible que le parti socialiste ne cherche pas à s’allier avec le MoDem, François Bayrou, et plus généralement le Centre alors qu’il préfère toujours chercher des alliances à la gauche du parti. Le PS se retrouve comme « prisonnier de son histoire » en reniant la mondialisation, le libéralisme et l’importance de l’économie pour privilégier de possibles associations avec l’extrême gauche ou les verts.

En Italie, au contraire, la gauche  a su  dans son histoire s’allier avec des partis situés « à sa droite » comme des partis centristes ou indépendants.

Aujourd’hui, le PS est désigné comme un parti « ringard » par les italiens malgré la popularité de Ségolène Royal en 2007, reconnue à l’époque comme une femme politique d’avenir et une candidate sérieuse de l’opposition face à Nicolas Sarkozy. En 2010, les avis ont changés et cela est surement du au fait que le PS est devenu illisible vu de l’étranger car en manque de leader, d’idées et de projet clair et défini.

Le Traitement de l’information dans les médias français et italiens.

Alberto Toscano, en tant que journaliste présent des deux cotés des Alpes indique que, selon lui, il n’y a pas de grandes différences entre les médias français et italiens dans le traitement de l’information.

« Le règne de l’info spectacle »

Nous sommes spectateurs impuissants du règne de « l’info spectacle », très stéréotypée et dans laquelle on ne trouve que peu d’analyses poussées. Alberto Toscano prend l’exemple du problème des banlieues exagéré jadis par les médias italiens ,ainsi que celui des médias français qui ont une fâcheuse tendance à toujours associer l’Italie à des problèmes mafieux et racistes.

« Il n’y a pas de volonté de la part des médias de livrer une information vraie et bien analysée car l’on pense que ça n’intéresse pas le lecteur », voici le triste bilan dressé par Alberto Toscano.

Remerciements à Alberto Toscano

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Entretien avec… Michele Canonica


Michele Canonica (né le 23 août 1948 à Turin en Italie) est un journaliste italien.

Durant sa carrière il fut Grand reporter des hebdomadaires L’espresso et Panorama, Correspondant à Paris et commentateur politique à Rome de plusieurs grands quotidiens italiens, Directeur de la communication de la Chambre de Commerce Italienne à Paris pour la France  et Directeur de la revue France Italie.

Il est l’actuel Président, depuis 2007 ,du Comité de Paris de la Società Dante Alighieri, Président depuis 1998 de L’Italie en direct – L’Italia in diretta, qui produit des émissions radiophoniques sur les différents aspects de la présence italienne en France

Il a publié les volumes bilingues suivants :

Une amitié difficile – Entretiens sur deux siècles de relations franco-italiennes, avec Gilles Martinet et Sergio Romano, 1999 ;

Italiens de prestige à Paris et Ile-de-France, avec Florence Vidal, 2002.

J’ai pu m’entretenir avec Michele Canonica sur la question de l’impact de l’écologie en France et en Italie, il m’a accordé une interview le 14 janvier 2010.

« La crise du Parti Democrate italien profite a l’Italie des Valeurs, pas aux Verts »

Selon Mr Canonica, en France comme en Italie les principaux partis de gauche, (respectivement le Parti Socialiste et le Partito Democratico) traversent une crise forte en ce moment, qui se fait ressentir tant dans les urnes que dans l’opinion publique. Ainsi, à la gauche de ces gros partis, en France tout comme en Italie on a vu apparaître des nouvelles forces en présence: en France Europe Ecologie et son score impressionnant aux élections européennes de 2009, en Italie le parti l’Italia dei valori qui occupe une place de plus en plus importante sur l’échiquier politique italien.

On trouve plusieurs points communs si l’on compare ces deux partis politiques. En effet, il sont portés par des sentiments forts, présents dans les deux pays, et représentés par des leaders charismatiques ayant déjà eu un rôle important dans l’histoire politique de leur pays respectif.

« l’Ecologie en France, entre valeurs réelles, effet de mode et opportunisme »

En France, l’écologie est devenu un sujet récurrent et présent sur le devant de la scène lors des débats politiques autant qu’au sein de la population. Elle est portée par Daniel Cohn Bendit  et son parti Europe Ecologie, et une grande partie de la population, des responsables politiques et des personnalités adhèrent aux idées écologistes. Selon mon analyse, cette poussée de l’écologie représente un mélange de valeurs écologiques réelles, d’effet de mode, et d’opportunisme. En effet les valeurs vertes sont très en vogue en France et celui qui ose se positionner contre est montré du doigt.

En Italie, comme indiqué lors d’articles précédents dans ce blog, l’écologie en politique n’a pas connu le même essor, et de loin (aucun siège « vert » au parlement européen). Comme nous le disions en introduction, l’intervalle a été pris par le parti de gauche « Italia dei Valori ». Ce parti est un parti politique italien fondé à Rome en 1998 par Antonio Di Pietro, un ancien magistrat de « Mani pulite ». Aux élections européennes de juin 2009, il devient le 4e parti italien, avec 2 452 731 voix (8,08 %) et 7 députés membres du groupe ADLE. Aux précédentes élections européennes et régionales de 2004, ce parti s’était présenté avec le symbole Lista Di Pietro – Italia dei Valori : il avait obtenu 694 963 votes, avec 2,1 % des voix, l’élection d’Antonio Di Pietro comme député européen et celle de son allié, un ancien communiste, Achille Occhetto , ce dernier avait immédiatement démissionné pour laisser la place à un autre ancien membre du Parti communiste italien, Chiesa.

« Di Pietro et le créneau de la gauche anti-corruption,anti-Berlusconi »

« L’Italie des Valeurs » s’en prend clairement à Silvio Berlusconi et à la « corruption » de la classe politique. Des thèmes qui ont de l’avenir dans le paysage politique encore instable de l’Italie actuelle.

On se rappelle du juge Di Pietro comme d’un homme droit, anti corruption, qui n’ pas hésité à exclure de la vie politique italienne des hommes de pouvoir come B.Craxi, mêlant au scandale politique nombre d’amis de l’actuel président du Conseil. Le parti de Di Pietro gagne donc les voix de certains  électeurs de gauche anti Berlusconi qui ne croient plus au PD.

« Plus de nucléaire en Italie depuis Tchernobyl »

D’autre part, Le réchauffement climatique et l’épuisement des ressources de pétrole et de gaz font du nucléaire une énergie propre et pleine d’avenir, peut être la seule solution pour permettre la survie de notre civilisation moderne en respectant l’environnement. Or, en 1987, soit un an après la catastrophe de Tchernobyl, il fut décidé par référendum de la sortie du nucléaire civil en Italie, entre autres grâce ou à cause des partisans écologistes (ce qui pourrait leur être reproché aujourd’hui). Les quatre centrales nucléaires présentes en Italie furent arrêtées, la dernière en 1990. Ainsi, l’Italie importe de l’électricité nucléaire (notamment de France), et la société italienne Enel SPA investit dans la construction de réacteurs nucléaires en France et en Slovaquie, ainsi qu’au développement de la technologie de l’EPR.

En mai 2008, le nouveau gouvernement de Silvio Berlusconi a annoncé le retour à l’énergie nucléaire dans les cinq ans. Le gouvernement italien se propose de poser la première pierre du renouveau nucléaire italien d’ici à 2013, pour une mise en service en 2018.

En conclusion, pour le spécialiste qu’est Michele Canonica de la France et de l’Italie, on peut mesurer les différences de l’impact de l’écologie dans la vie politique des deux cotés des Alpes grâce à plusieurs éléments : l’affaiblissement du Pd italien a profité au groupe l’Italia dei Valori de Di Pietro et n’a pas laissé de place pour une force verte.

De plus, toujours d’après lui, « les  écologistes  italiens n’ont pas de Cohn Bendit », ce qui met en cause la faiblesse du leadership Vert italien.

Enfin l’épisode post Tchernobyl et l’arrêt demandé du nucléaire n’aura surement pas jouer en leur faveur à l’heure du retour en force de cette énergie dite propre.

Remerciements à Michele Canonica.

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L’écologie ne connaît pas le même impact des deux cotés des Alpes

Afin d’introduire cet article, il convenait de faire un point sur les résultats des dernières élections européennes, qui nous montrent de grosses différences entre les partis écologistes français et italiens.

En effet, en France le groupe Europe Ecologie obtient 16,28% des voix, ce qui lui donne 14 sièges au parlement européen, résultat identique à celui du PS arrivé en deuxième position, loin derrière l’UMP.

« Aucun siège au parlement pour les Verts italiens »

Dans le même temps, en Italie les écologistes obtiennent seulement 3,12% en étant alliés à d’autres partis au sein de la coalition « Sinistra e Liberta », et par conséquent aucun siège au parlement européen…

Dans le reste des pays de l’UE, le groupe dit « Greens » remporte 55 sièges sur un total de 736 et 7,5% des voix.


En France, la taxe carbone est au coeur des débats lors de la rentrée 09, selon le journal l’Humanité,celle ci est rejetée par l’ensemble des français car elle est injuste, elle frappe les plus pauvres et est inefficace.Les pauvres étant mal équipés, ils seront ceux qui paieront le plus.Selon ce même journal d’extreme gauche, il serait plus convenable de taxer les entreprises et non les travailleurs.

« L’écologie: un enjeu majeur en vue de 2012″

D’après Marianne, Nicolas Sarkozy se bat pour la taxe carbone en vue de 2012,car l’environnement sera un des thèmes principaux de la campagne pour les élections présidentielles.Le président Sarkozy est accusé d’avoir une visée électoraliste car il prive le PS  et le MoDem de renouveau avec l’écologie et veut dynamiser Europe Ecologie qui n’est  pas, selon l’avis de Marianne, une alternative serieuse pour 2012.

Dans un article du Figaro, l’UMP présentait ses projets écologiques et se voulait rassurant au sujet de la taxe carbone: celle ci ne sera pas un impôt supplémentaire car il sera reversé dès février 2010, et selon X. Bertrand « il vaut mieux taxer la pollution que le travail. »L’UMP parle d’écologie bleue avec pour principes de base une croissance durable et non une décroissance, ainsi que le nucléaire. Pour le grand groupe politique de la droite française  l’écologie est en tête de liste des préoccupations des français et par conséquent en tête des projets de la majorité.0f46d85a-b90b-11de-ac62-bd570a86798f

Selon La Stampa, les italiens n’ont pas encore de culture écolo. En matière d’automobile, les italiens privilégient des domaines tels que l’assistance ou la sécurité plutôt que l’écologie, et 70% des italiens ne sont pas prêts à changer leurs habitudes et jugent l’utilisation de leur automobile indispensable. Les italiens possèdent surtout des petites voitures, pas toujours récentes et de marque nationale.  64% des autos datent d’avant 2004 et 27% d’avant 2000.

« Quand écologie rime avec scandale médiatique… »

Deux grands scandales liés à l’écologie occupent la scène médiatique ces dernières semaines  en Italie. Le premier concerne les navires remplis de tonnes de déchets radioactifs coulés par la mafia au large des côtes italiennes et jusqu’en Afrique. Fonti, un repenti de la mafia a confessé aux autorités le retraitement des déchets radioactifs pratiqué par la mafia, et ce depuis 20 ans. Plus de 180 navires auraient été sabordés en pleine mer. Fonti déclare que la mafia agit grâce à la discrétion de l’armée et des services secrets italiens. L’autre scandale concerne le marché des éoliennes.En effet, des personnes sont accusés d’escroqueries et de détournements de subventions publiques pour réaliser des parcs éoliens. L’Italie est un el dorado pour faire des affaires avec les éoliennes. Les aides sont 3 fois supérieures à celles de la France et les installations sont rentables dès la deuxième année grâce à l’aide des régions et de l’Europe, ce qui a attiré les investissements de la mafia. D’après Io Donna (corriere della sera), du 7 novembre 09, en Sicile des milliers d’éoliennes seraient en construction « même là où le vent n’a pas la force de les faire tourner »…

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« Le renouveau du parti Vert italien? »

Le parti des Verts en Italie a connu récemment des changements importants puisque leur leader a changé: Francescato a du laisser sa place à Bonelli ce 11 octobre. Bonelli ne voulait pas s’allier avec « Sinistra e Liberta » alors que l’ancien leader Francescato si. Pour Bonelli il est important d’être indépendant pour s’aligner sur les résultats à deux chiffres des Verts français.  Ces évenements ont donc créé des scissions au sein des Verts et certains quotidiens italiens disent même que les écologistes sont en pleine crise et que » le soleil ne rit plus », en référence à leur logo.

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Pour conclure, on peut dire que l’écologie ne connaît pour le moment pas le même essor dans les deux pays. En France des personnalités telles que Hulot et Arthus Bertrand sont désignés aujourd’hui comme les gourous de l’écologie et connaissent une grande popularité au sein de la population française alors que ceux qui s’opposent à eux sont rares et sont « montrés du doigt » comme par exemple Claude Allègre. En Italie le thème de l’écologie n’est pas encore si populaire et n’est pas considéré comme une des préoccupations première de la population transalpine même si l’on voit apparaître des PME italiennes qui commercialisent des produits issus du recyclage (design, décoration…).

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